II- Le corps vu par les sciences sociales

Aujourd'hui, nous sommes envahis d'images de femmes et d'hommes « parfaits » qui ne nous ressemblent pas ou presque. Un des premiers critères sociaux de la beauté est la minceur, présentée en masse par les médias comme accessible à tous, avec l'aide de divers services ou produits de consommation. Désormais, les critères de beauté obligent que nous tentons de nous y conformer et c'est alors que commence un manège qui nous coûte temps, argent, énergie, santé et estime de soi. 

 

1/ Le corps emblême de soi


          L'identité personnelle d'un individu se construit principalement dans les premières années de la vie. Malgré que sa construction se fasse progressivement. En effet, même avant sa naissance, celui-ci existe déjà du fait que les parents du futur individu choisissent son prénom. C'est ainsi que le moi va s'identifier par les noms. En effet, dans n'importe quelles situations, chaque individu nous appelle par un prénom. La répitition de ce prénom et de ce nom va alors créé un phénoméne d'incorporation de ceux -ci par l'individu. Il va donc se produire un automatisme dès que cette personne va entendre ce qui la caractérise : nom et prénom. Après la naissance de celui-ci ,la parole dite "familiale" ( voie du pére ou de la mère)  va ainsi proposer durant toute la vie de ce dernier une interprétation de ses réactions et de son comportement qui va alors lui attribuer les traits de son caractére. On peut alors dire que la formation identitaire se fait majoritairement par les parents.

          En effet, le corps est la base et le support de l'identité. A partir de la naissance, le nouveau-né va apprendre à connaitre son corps.  Il est entouré d'un environnement où de multiples jouets vont être omniprésents et va donc pouvoir trouver les limites de son corps. Mais l'apparence de soi est la principale place de la construction identitaire. Par ce fait, l'enfant reconnaît à partir de l' âge d'un an son image reflétée dans un miroir. C'est ainsi que l'enfant devient ainsi capable de se contrôler comme attraper un objet dans son envirronement. lI devient "contrôleur de son corps". Il va également s'approprier son corps par l'appenrence visuelle de celui-ci. C'est alors qu'il commence à communiquer et à reconnaître des sensations internes comme le toucher, l'émotion... Quand l'enfant aura su faire correspondre le contrôle de son corps et  de ses sensations internes, il va donc ainsi se mettre en place dans le dialogue de cet être la première marque de l'identité : le "je". Ce qui va servir désormais à l'enfant a s'imposer et à s'identifier.Il ne faut toutefois pas oublier que le corps est entiérement la base de l'image de soi! A travers ce corps que les individus habitent l'identité sexuelle est la plus importante. La découverte du sexe est ainsi révélé par celui-ci par les premiers mots que le jeune bébé va dire. En effet, l'enfance est la base de la construction de l'identitaire, elle va permettre à l'individus de rester identique à travers le temps et l'espace.

          Depuis quelques années, le corps a subi plusieurs modifications. Les premières libérations du corps sont apparues lors du mouvement général de libération des années 1960. Depuis cette période, le rapport au corps a considérablement changé. D’une part, dans les principes normatifs évoluant selon les lieux et les époques mais également dans la relation que chaque individu entretient avec son propre corps. Ces années sont marquées par le souci du corps et par un idéal de minceur : les évènements de 1968 vont influencer considérablement ce rapport avec un repli dans la sphère individuelle. L’arrivée du contraceptif a libéré la sexualité et modifié le rapport avec le corps. Ensuite, dans les années 70, s’occuper de son corps en tant que « lieu d’identité personnelle » et de conquête individuelle devient une priorité.

Enfin, depuis les années 1985, on assiste au retour des formes et du principe hédoniste. On prend plaisir, on s’occupe de son corps. Selon la célèbre phrase du philosophe et sociologue, Jean Baudrillard, « le corps est notre plus bel objet de consommation ». Aujourd’hui, chacun est tenu, par ses multiples expériences, à se fabriquer sa propre identité.  Le corps est ainsi devenu un support de notre identité. Georges Vigarello développe l’idée suivante « l’apparence s’individualise et devient de plus en plus importante. » D’une part, le corps traduit l’identité, que ce soit par adhésion à la mode et à ses dérivés (vêtements, coiffures, maquillages, accessoires, etc.) mais aussi par des techniques individualisées comme les marquages corporels tels que les piercings, tatouages, scarifications, entailles dans la peau, colorations, etc. D’autre part, le corps devient un objet dont il convient de prendre soins, se retrouver en harmonie avec soi-même et son corps .

          Le corps mobilise désormais des secteurs entiers de l’économie, que ce soit dans l’industrie de la mode, du cosmétique, de l’esthétique, ou encore le secteur agro-alimentaire avec la diffusion de produits allégés ou biologiques. D’après Baudrillard, « […] le corps est devenu un capital que l’on gère et sur lequel on investit en tant que signifiant de son statut social. Il est aussi fétichisé : de l’hygiène au maquillage, en passant par le bronzage, le sport et les multiples libérations de la mode, sa redécouverte passe d’abord par des objets. » On remarque ainsi un changement notable dans la perception du corps. Baudrillard continue son argumentation par : « de l’obsession de la minceur au thème récurrent de l’érotisation qui envahit la publicité et la littérature, le corps est devenu un objet de narcissisme et de prestige social suscitant tout un ensemble de pratique de consommation répondant à des impératifs sociaux tels que la ligne, la forme, l’orgasme. » Il suffit en effet de se promener dans la rue, regarder la télévision, ouvrir un magazine pour observer une multitude de techniques publicitaires mettant le corps au devant de la scène.

          Mais aujourd'hui, l'identité ne consiste pas à rentreren soi-même mais a s'attarder à la façon dont les autres nous voyent. Il y alors des normes qui vont s'installer dans nos sociétés. En effet, comme nous  le montre le grand 1 les norme changent selon le temps et l'espace. Mais celles-ci ne se propage quasiment que par les médias.

 

2/ La diffusion du corps parfait

 A) L'influence des médias

 

On constate aujourd'hui une préoccupation excessive pour le poids idéal et l'apparence physique. Ce phénomène s'observe non seulement chez les femmes et les jeunes filles mais aussi et de plus en plus chez les hommes et les jeunes hommes. Si la publicité n'existait pas, il est fort possible que notre perception du poids et de l'apparence physique serait fort différente.

Qu'est ce que les médias ?

Les médias sont les différents supports qui permettent de diffuser l’information. Il en existe plusieurs : la télévision, la radio, la presse et aujourd’hui internet.
Aujourd’hui, personne ne peut échapper aux médias car ils sont de plus en plus présents dans nos vies. Ils permettent de s’informer, de se divertir, de se cultiver et de s’ouvrir au monde. Mais il ne faut prendre conscience que les médias influencent notre mode de pensée et notre façon d’agir.

Une raison économique ?

L’obsession des médias pour la minceur et la jeunesse aurait, selon certains spécialistes, des racines économiques. En présentant des femmes qui sont difficiles à atteindre physiquement, on peut maintenir la croissance et la rentabilité des produits. Puisque les femmes pour ressembler le plus possible aux mannequins vont acheter des produits de beauté ou de régime, ce qui rapporteraient 160 milliards de dollars par année. D'ailleurs ce n'est pas un hasard si la jeunesse s'impose de plus en plus comme critère de beauté, aux côtés de la minceur : " Une foule de produits nous sont proposés pour nous permettre de nous rapprocher du modèle idéal. Les signes du vieillissement sont perçus comme une calamité que l'on doit corriger. C'est certainement payant car si nous n'avons pas toutes du poids à perdre, toutes nous vieillissons."

La lutte contre le culte de la minceur
Certains médias ont fait des efforts pour lutter contre cette beauté inaccessible en proposant une image plus réaliste de la femme. Nous pouvons prendre l’exemple DOVE qui présente réguliérement des femmes rondes dans ses publicités.

 Dans les images diffusées par les médias, on remarque cependant peu de diversité. Les visages et les corps sont jeunes, très minces, la peau est généralement blanche et sans défaut. Les images des magazines féminins et de la publicité nous présentent des femmes « parfaites » et irréelles, clonées les unes sur les autres. Mais ce qu'il faut savoir c'est que les images que nous proposent les médias ne correspondent en réalité qu'à un très petit nombre de personnes, en effet  95% des femmes ne correspondent pas aux tailles et aux proportions des mannequins que l'on voit dans les revues de mode, aux mannequins en plastique que l'on voit dans les vitrines de magasin et aux représentations de la femme à travers des jouets comme les poupées, c'est-à-dire aux normes de la minceur fabriquées par les médias. Jusqu'à tout récemment, on a surtout fait référence aux femmes lorsqu'il s'agit d'image corporelle. Pourtant les hommes de tous les âges subissent les mêmes pressions sociales que les femmes.Les médias valorisent des corps très musclés et exceptionnellement minces associés à des performances physiques toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Les produits miracles servant à développer la musculature sont d'ailleurs très en demande sur le marché. Vouloir ressembler à quelqu'un d'autre ou à des images fabriquées par les médias (mannequins dans les revues de modes, héros de films) est peu réaliste car les personnes en santé peuvent être de tailles et de poids différents.

Les médias exercent une influence sur la population. Cette influence est parfois positive et parfois négative et peut entrainer des répercussions parfois fatales ( anorexie, chirurgie etc ...). D’ou l’importance de multiplier ses sources d’information et de faire appel à sa reflexion personnelle.

 

B) Les moyens de propagations

 

Les médias sont les différents supports qui permettent de diffuser l’information. Il en existe plusieurs : la télévision, la radio, la presse et aujourd’hui internet :

On constate que dans notre société l'apparence physique que l'on renvoie a beaucoup d'importance. Cela est dû à une sur médiatisation d'un modèle féminin bien défini et particulier. Les médias sont omniprésents dans notre société, ils peuvent facilement dicter des normes physiques auxquelles une majorité de la population se plie. La figure humaine et le corps sont au cœur de la tradition artistique en occident, en tant que motif à tel point que l'omniprésence de ce motif nous semble naturel et universel et en tant que genre, et notamment à travers celui du portrait et celui du nu. Cet intérêt ne connaît pas d'infléchissement au 20ème siècle. De nos jours , il existe deux grands facteurs de propagations des médias :

 

 • La presse écrite :

Aujourd'hui, on peut constater un phénomène de médiatisation de l'image du corps féminin. Les médias véhiculent un seul et même idéal féminin ainsi que masculin. Ils mettent en scène une personne mince voire maigre, jeune, le corps élancé même musclé pour les hommes ainsi qu'une peau parfaite. Ce modèle de perfection est partout, la plus part des mannequins qui le mettent en scène se ressemblent, on ne trouve pas une grande diversité de modèles pour une grande diversité de médias les représentant. On trouve d'abord une médiatisation qui passe par la presse féminine avec des slogans incitant à divers régimes ou encore à des modifications corporelles. Ces slogans sont accompagnés de photos montrant de sublimes mannequins. Ces photos ne sont là que dans le but d'illustrer les slogans mis en évidence, elles participent à l'inculcation de ces normes physiques anormales. On remarque que plus des trois quarts des pages de couvertures des magazines comportent au moins un titre sur la façon de changer son corps, que ce soit grâce à un régime, un programme d'exercices ou à de la chirurgie esthétique. Les lectrices se retrouvent alors complexées, car aujourd'hui on constate que toutes ces photos, la plus part du temps ne reflètent pas la réalité car elles sont retouchées par ordinateur. Enfin dans la presse féminine les stars ont une forte influence sur les lecteurs. Les magazines féminins ont donc un rôle privilégié dans la diffusion de l'idéal d'un corps parfait que de nombreuses femmes souhaiteraient adopter. Des recherches nous montrent que les magazines féminins contiennent dix fois plus d'articles et de publicités véhiculant la minceur, la jeunesse, la perfection corporelle que la presse masculine. La diffusion de l'idéal corporel féminin est tout aussi bien diffusé dans certains livres, avec de nombreux ouvrages qui visent à perdre des kilos en trop et qui doivent apprendre à ceux qui les lisent à mieux manger ou ce qu'il faut manger. Il existe un très grand nombre de ces ouvrages mais voila certains sont de très bon conseil, d'autre moins. On trouve aussi ce même idéal corporel dans les bandes dessinées avec de belles héroïnes. On trouve rarement voir jamais des héroïnes de bandes dessinées à forte corpulence ou avec un physique disgracieux. Enfin dans beaucoup de romans, on peut constater que la plus part des héroïnes, elles aussi ont un physique avantageux, l'auteur fait l'éloge de leur beauté et est associé à cela des qualités plus mélioratives. En effet ces représentantes de la beauté modulent leur corps pour obtenir un effet de perfection. Les mannequins en grande partie font des régimes draconiens, beaucoup de sport et emploient diverses techniques visant à façonner leurs corps pour qu'il soit le plus parfait possible. Aujourd'hui on ressence de plus en plus de cas de mannequins anorexiques. Il y a plusieurs degrés : on trouve des mannequins qui se contentent de se faire vomir ou de se priver de certains aliments et d 'autres qui ne s'alimentent presque plus et vont parfois jusqu'à un tel degré d'exposition qu'elles en meurent. Ces derniers temps la mortalité des mannequins est en nette augmentation, celles-ci sont de plus en plus oppressées par le monde sans pitié du mannequinat. Certains pays ont décidé de sévir en appliquant un poids moyen pour les mannequins sans quoi elles seraient interdites de défiler.

 

• La presse audiovisuelle :

Aujourd'hui le monde audiovisuel nous bombarde d'images quasi identiques qui sont censées représenter la population mais qui en réalité ne sont que des images retouchées montrant une partie infime de ce que représentent les femmes dans notre société. Par exemple à la télévision, on constate que la majorité des présentatrices télé sont jeunes, minces. On trouve aussi dans les clips musicaux une forte représentation féminine du même type. La plupart des femmes ou jeunes filles qui regardent constamment ces femmes « parfaites », finissent par se retrouver affectées, et vont alors chercher à modifier leurs corps. Le cinéma lui aussi avec les séries télévisées participe à cette diffusion de la perfection. En effet les actrices et stars de cinéma sont en majorité minces, jeunes, belles..., dans le cas contraire l'individu interprétera une personne mal dans sa peau ou parfois jouera le rôle dit du « méchant ». Exemple avec un site qui retouche les stars et d'autres femmes (les photos passent dans les mains d'un expert Photoshop pour finaliser les photos qu'on voit dans les magasines) : http://gregorymoine.com/des-inconnues-avant-apres-maquillage/ .
Aux Etats-Unis où l'on connait les problèmes d'obésité on se rend compte que dans les séries télé il est très rare de voir un premier rôle et même des figurants obèses ou en surpoids.
Internet aussi participe à la diffusion de cet idéal corporel avec de nombreux sites prônant l'anorexie, on trouve aussi des sites proposant des régimes miracles, ou des solutions pour paraitre 15 ans de moins. Internet contient aussi de nombreuses images (celle-ci pouvant être des femmes à faible mais aussi à forte corpulence) qui peuvent inciter les plus jeunes à tenter de devenir comme elles.
Enfin la majeure partie de la propagation du rêve d'un corps parfait se fait avec la publicité. Celle-ci est visible de partout : dans les magazines, à la télévision, sur internet, dans la rue avec les panneaux publicitaires, dans les supermarchés... Dans la publicité l'image de la femme est la plus part du temps associé à la minceur et même parfois la maigreur, à la jeunesse, la plupart du temps la femme est de couleur blanche. On voit rarement (voir jamais) des publicités mettant en scène des femmes soit avec des formes, soit corpulentes. Il paraitrait que sur un point de vue économique montrer une femme au corps disgracieux ou même commun ne serait pas ou moins vendeur, car le consommateur faisant une association à l'image avec le produit, si le produit est une crème de beauté, un soin antirides, un produit pour maigrir ou autre chose et qu'aucune attirance n'est éprouvée par le client potentiel, alors le produit ne sera pas acheté en faveur d'un autre. On peut donc dire qu'aujourd'hui le corps des femmes est un moyen de vendre, c'est devenu au fil des années un objet commercial.
Malgré certaines institutions, marques ou entreprises bien décidées à continuer la propagation d'un idéal corporel féminin, il existe certaines exceptions telles que la marque Dove qui élabore quelques spots publicitaires et un site pour mieux se sentir dans sa peau et pour prévenir les jeunes filles mais aussi les plus grandes de la fausseté des médias.

 

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